Frédéric Borsarello, Violoncelliste




visiteurs
sur le site.

A PROPOS DES CADENCES…
par le violoncelliste Frédéric BORSARELLO

Jeune et comme tous les violoncellistes débutants, j’ai dû passer par les incontournables partitions « Concerto de …,  revu et corrigé par… », en général un Allemand, un tchèque ou un Américain, ces pièces du grand répertoire sont toujours réglées par des violoncellistes méritants (réputation oblige, pour vendre, il vaut mieux …).

Si je peux essayer aujourd’hui de comprendre que certains doigtés et articulations édités (que nos Maîtres n’utilisaient pas d’ailleurs, puisque nous devions, sans contestation aucune, recopier les leurs, pendant des heures…) sont là pour aider l’instrumentiste un peu perdu, il m’est difficile d’accepter le fait que les cadences aussi, soient imposées, fussent-elles écrites par les plus glorieux instrumentistes de notre siècle.

Paul TORTELIER, grand défenseur des libertés et adepte d’une éducation musicale riche en recherches personnelles, me disait que tous les musiciens devraient passer par les classes d’Ecriture, pour comprendre les arcanes et les mystères de la composition.

Sans pour autant être capable d’écrire un Requiem ou une oeuvre magistrale, je pense que l’apprentissage de la construction d’une cadence est une chose unique dans l’élaboration d’un concerto, et ceci quel que soit l’âge du musicien.

La seule petite liberté qui reste à l’interprète après les conditions exigées (coups d’archet, doigtés, nuances,) serait sans doute cette possibilité d’écrire sa propre cadence.

Mais que de problèmes, quand on n’y est pas préparé. Le plus simple en effet, est de jouer celle qui est écrite !

Quel dommage que tous les professeurs n’initient pas leur Etudiants à cette pratique !

Il n’est pourtant pas besoin d’être Olivier Messiaen pour utiliser les thèmes essentiels du mouvement du concerto, et les raccorder avec un peu d’imagination, dans un ton différent. Ceci bien sûr n’est qu’un début, à ce qui peut devenir dans un concerto, une partie de soi.

J’ai, hélas connaissance de plusieurs recueils de cadences, regroupant un bon nombre de concerto. Dés la première page pèse la triste menace:

« Il est interdit de jouer la cadence sans que le nom de l’auteur soit cité… ».

D’autres éditions, plus sages, laissent un point d’orgue sur une note qui semble dire :

« C’est ton tour maintenant, montre-nous ce dont tu es capable »

Et il est si valorisant de se prouver qu’on l’est !!!

Alors, jeunes ou moins jeunes Musiciens, soyez les compositeurs d’un instant et au travail !

Publié sur « La Lettre du Musicien » et la revue « L ‘Association Française du violoncelle »

Retour à la page d'accueil