Frédéric Borsarello, Violoncelliste




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22 Janvier 2005

Réponse à « Cumuls et titularisation »
 lue sur la revue «  La Lettre du Musicien »

Chers Amis,

Merci de toutes ces précisions au sujet de cette actualité préoccupante, mais je dois dire que j’ai bien failli me laisser prendre au canular de l’article sur « le cumul d’emploi et titularisation » de la dernière « Lettre du Musicien »  dans la rubrique juridique, qui traite le cas d’un professeur de collège qui voulait jouer au professeur de violon ou d’un violoniste qui voulait être professeur de ??? dans un collège.
Car quoi de plus impossible, quand on est violoniste, d’enseigner une matière « à plein temps » dans l’Education Nationale qui implique, si l’on veut être sérieux (et on doit l’être pour avoir suivi les cours de l’Université !…) les préparations de cours, leur correction, les 15 ou 18 heures de présence, les conseils de classe, la participation à des projets inter-disciplinaires, sans parler de la tension nerveuse pour maintenir la discipline aujourd’hui dans les collèges, et l’obligation de suivre les programmes imposés par le Ministère.
Professeur de violon dans un Conservatoire (fût-il Municipal …) implique également des devoirs, c’est à dire le maintien d’un niveau professionnel de l’instrument (minimum de 3h par jour) et l’on sait que la discipline est redoutable, (nos Maîtres nous l’ont appris dans les Etablissements qui forment les professionnels). Il est nécessaire dans ce cas d’effectuer 9 h de violon pour 9 h de cours, de développer des projets pour les élèves, d’assister aux réunions pédagogiques, d’être à l’affût de concours pour eux, d’organiser des auditions et des examens, de rechercher de nouvelles pièces du répertoire, de se concerter avec les collègues pour des projets collectifs, et enfin, de mener une vie d’acteur de la musique, qui prouve aux élèves que l’on est capable d’être ce qu’ils pourraient devenir.
De plus, si ce professeur a quelques notions de déontologie, il doit savoir que nos jeunes musiciens sortant des Conservatoires, doivent trouver des postes d’Enseignant pour gagner leur vie, qu’il est très difficile aujourd’hui d’accéder à ces postes et qu’occuper deux emplois nuit fatalement à la survie des deux professions.
Le Directeur de l’Etablissement de notre « Professeur Professeur » (fût-il aussi Municipal …) devrait aussi se poser la question sur la personne qu’il engage et le temps dont il dispose pour remplir la fonction d’Enseignant dans des conditions optimales de qualité.

En tant que parent d’élève, je me méfierais d’un professeur qui n’a pas la disponibilité suffisante pour donner le meilleur de lui même à son enseignement.
On pourrait penser que les deux postes sont cumulables par les liens de la musique (en espérant au moins que cet Enseignant soit Professeur de Musique, je n’ose imaginer qu’il le soit d’autre chose …) mais on sait que les Etudes musicales instrumentales des Conservatoires n’ont que très peu de rapport avec celles de Musicologie.
La question posée n’étant pas signée, et pour toutes les raisons citées, j’espère ne pas me tromper en croyant que nous pourrions être le 1e Avril…mais il m’a paru intéressant d’imaginer que de tels cas pouvaient exister.
Très amicalement à vous, dans l’espoir voir cette réponse figurer prochainement dans notre « Lettre ».

Frédéric BORSARELLO
Violoncelliste

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